Les enfants se montrent assez lucides par rapport aux risques encourus sur Internet, mais moins que leurs parents : 41% considérant encore que les informations mises en ligne ne sont accessibles qu’aux personnes qu’il a choisies, 39% pensant qu’on ne peut le reconnaître quand il utilise un pseudo/un avatar, 46% pensant que les données qu’il met sur Internet lui appartiennent.

Les enfants sont plus nombreux (90%) que leurs parents (64%) à considérer qu’il est facile d’être contacté sur Internet par quelqu’un ayant de mauvaises intentions.

La moitié des enfants adopte une attitude prudente en n’ouvrant que les mails dont ils connaissent l’expéditeur, mais un quart ouvrent tous les mails qu’ils reçoivent y compris des mails dont ils ne connaissent pas l’expéditeur.

S’agissant des formulaires, les enfants renseignent leur identité de manière autonome dans 67% des cas. Majoritairement en ne renseignant que les informations obligatoires : ils ne sont que 9% à renseigner systématiquement toutes les informations demandées.

   

 

La majorité des enfants respecte quelques principes de précaution concernant l’élaboration de leurs mots de passe sur Internet en n’incluant pas de données personnelles (75%) et en choisissant plusieurs (51%). Mais plus de 60% des enfants âgés entre 11 et 17 ans partagent leur mot de passe avec d’autres personnes, principalement avec leurs parents, puis avec leurs frères et soeurs. Seuls 14% des enfants acceptent tout le monde comme amis ou des personnes qu’ils ne connaissent pas mais qui leur semblent de confiance. Mais 30% acceptent également de partager leurs informations avec les « amis de leurs amis ».

On note une bonne connaissance des droits et devoirs sur la toile, partagée par les enfants et les parents. 88% des enfants savent qu’il est interdit de publier des photos de proches sans leur avoir demandé leur autorisation, 86% qu’il est interdit d’exprimer des propos homophobes et 86% des propos racistes. Mais pour les deux populations, donner l’adresse mail d’un proche à une entreprise, dire du mal de quelqu’un ou regarder du contenu pornographique ne sont pas spontanément associés à des droits de l’internaute.

Les enfants ont vécu peu de mésaventures par rapport à Internet, même si 10% affirment avoir été contactés par quelqu’un avec de mauvaises intentions et 10% avoir appris que quelqu’un qu’ils connaissaient s’était fait passer pour eux sur Internet. Mais la contamination de l’ordinateur par un virus a déjà concerné 33% des enfants. Les parents ont tendance à surestimer la propension des enfants à être exposés à des contenus pornographiques ou des documents qui ne les concernent pas.

 

Accès à l’étude

 

Cynthia, 16 ans : “Je me suis inscrite sur Ask.fm car de plus en plus de gens le partageaient sur Facebook. C’est devenu une mode, je ne pouvais pas y échapper. Je trouvais originale l’idée de pouvoir poser des questions anonymement, pouvoir demander à quelqu’un des choses que je n’osais pas en tant que « moi ». Je ne me doutais pas que je recevrais autant d’insultes et d’encouragement au suicide de la part de personnes anonymes. C’était très dur au début, je n’en dormais plus, et puis, j’ai appris à passer au dessus, afin que ça ne me blesse plus. Tout le monde est sur Ask.fm, je n’imagine pas me désinscrire maintenant, même si je ne trouve désormais aucun intérêt particulier à ce site.”

Mélanie, 18 ans : “On s’inscrit sur Ask.fm de la même façon qu’on s’inscrit sur un autre réseau social, on suit le moov. Je ne l’utilise pas anonymement. Je ne l’ouvre même pas tous les jours comme mon Facebook, mais quand j’ai un moment où je m’ennuie.  J’ai été victime d’insultes mais ça ne me touche pas, je me dis que ce sont des gamins que je ne connais pas et qui n’ont rien de mieux à faire.  Je ne le conseille cependant pas aux personnes trop sensibles.”

Laura, 14 ans : “J’avais plusieurs amies inscrites sur Ask.fm, et je trouvais le principe plutôt cool. En plus des questions, on peut partager la musique qu’on écoute, c’est sympa. Mais il y a une sorte de rivalité sur Ask.fm : celle qui aura le plus de like, celle qui sera la plus belle, la plus populaire… Du coup, forcément, pour qu’il y ait une plus belle, il doit y avoir une plus moche. On m’a traitée de grosse, de moche, et j’en passe, et je suis, à un moment, rentrée dans le cercle vicieux de répondre par des insultes moi aussi. Ma mère a découvert ma page et a alerté la police. Aujourd’hui, j’ai pris du recul et ne suis plus touchée, mais je conseille vraiment aux personnes fragiles de ne pas s’y inscrire, et aux parents d’y veiller.”

Source : CANOPÉ 

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