Lors d’un discours donné à l’occasion d’un raout sur les « champions de la liberté » à Washington, Tim Cook a une fois de plus martelé les engagements d’Apple en faveur de la protection de la vie privée de ses utilisateurs — une antienne déjà entendu en février pendant une conférence sur la cybersécurité qui s’était déroulée à la Maison Blanche (lire : Tim Cook : sans vie privée, « nous risquons notre mode de vie »).

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Le CEO d’Apple a déroulé ses principes concernant la sécurité et le droit au chiffrement de ses clients. « Comme beaucoup d’entre vous », a-t-il expliqué devant l’audience (dont beaucoup de lobbyistes), « à Apple nous rejetons l’idée que les consommateurs devraient choisir entre la protection de leur vie privée et leur sécurité ». Le constructeur se doit de fournir les deux de manière équilibrée. « Nous pensons que les gens ont un droit fondamental à la vie privée. Les Américains l’exigent, la Constitution l’exige, la moralité l’exige ».

Une vie privée que les agences de sécurité ont largement bafoué : suite aux révélations d’Edward Snowden, le retour de balancier a été particulièrement violent, Apple ayant décidé de chiffrer toutes les données dans iOS 8, les rendant virtuellement impossibles à consulter par un tiers. Depuis, des responsables américains ont sorti les gros sabots pour dire pis que pendre de cette initiative (lire : L’iPhone tue des enfants).

Sans les nommer, Tim Cook a aussi vilipendé les pratiques en cours dans certaines entreprises de la Silicon Valley qui ont bâti leur fortune sur l’exploitation des données privées de leurs utilisateurs (Google et Facebook peuvent se sentir visés). « Ils avalent tout ce qu’ils peuvent savoir sur vous et essaient de le monétiser. Nous pensons que c’est mauvais. Et ce n’est pas le genre d’entreprise que nous, à Apple, voulons incarner ». Cet argumentaire ( « Si un produit est gratuit, c’est vous le produit ») est rôdé depuis quelques mois dans la bouche de Tim Cook.

Ce mantra est devenu particulièrement important depuis qu’Apple se pique de mesures et d’utilisation des données biométriques (Touch ID), de santé (HealthKit) et des informations bancaires (Apple Pay) de ses utilisateurs.

Nous pensons que le consommateur doit contrôler ses propres informations. Vous pouvez aimer ces soi-disant services gratuits, mais nous ne croyons pas qu’ils valent vos courriels, votre historique de recherche et maintenant les métadonnées des photos de votre famille, vendues pour Dieu sait qui à des fins commerciales. Et nous pensons qu’un jour, les consommateurs le verront.

La mention des photos est particulièrement intéressante alors que Google propose désormais de toutes les stocker gratuitement dans son nouveau service en ligne (lire notre aperçu) alors que chez Apple, iCloud est payant… et de ce qu’on en comprend en creux, ce nuage devrait le rester.

Par ailleurs, les produits d’Apple « collectent le minimum de données nécessaires à une bonne expérience », a-t-il aussi martelé. Les produits du constructeur ne sont pas les cibles les plus intéressantes pour tous ceux qui cherchent à exploiter commercialement ou frauduleusement ces données ; « nous voulons construire des produits qui conservent à l’abri les informations des gens ».

En ce qui concerne le chiffrement des données, Apple ne reculera pas devant la pression des autorités qui réclament de pouvoir accéder aux données échangées sur un iPhone : « Laissez moi être parfaitement clair : un chiffrement faible, ou la suppression du chiffrement, fait du mal aux gens honnêtes qui l’utilisent pour de bonnes raisons ».

Source : macg

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