Dans une tribune publiée mardi 11 août dans le New York Times, François Molins vise les deux géants américains…

Google et Apple visés par le procureur de Paris. « Au nom des victimes de crime dans le monde entier, nous demandons si le chiffrement vaut vraiment ce coût ». François Molins a pris la plume avec le procureur de Manhattan, le procureur de la Haute Cour espagnole, et le commissaire de Londres dans une tribune publiée mardi 11 août dans le New York Times. Les spécialistes de la lutte contre la criminalité et le terrorisme accusent les deux géants américains d’interférer dans leurs enquêtes.

Des données impossibles à lire

Dans leur viseur, la politique de sécurité et de protection de données qu’offrent Apple et Google à leurs utilisateurs. Les deux firmes proposent une cryptographie pour chiffrer les données contenues dans le smartphone de leurs clients, comme les messages, photos ou vidéos.

« En septembre dernier, Apple et Google, dont les systèmes d’exploitation sont utilisés sur 96 % des smartphones du monde entier, ont annoncé qu’ils avaient reprogrammé leurs logiciels pour inclure le chiffrement du disque entier et, en conséquence, ne peuvent plus débloquer leurs propres produits », dénoncent les enquêteurs dans leur tribune.

Les données deviennent alors impossibles à lire sans le code de sécurité. De quoi « limiter considérablement notre capacité à enquêter sur des crimes dangereux et de contrecarrer notre efficacité dans la lutte contre le terrorisme », poursuivent-ils.

Des informations cruciales pour l’enquête de Charlie Hebdo

Les signataires prennent pour exemple une affaire dans l’Illinois dans laquelle la justice n’a pu déverrouiller les smartphones retrouvés proches de la scène de crime. Dans leur tribune, les auteurs indiquent également que des données contenues dans des smartphones avaient été « cruciales dans l’enquête rapide sur les attaques terroristes de Charlie Hebdo et l’attaque mortelle de Saint-Quentin-Fallavier ».

L’écriture de cette tribune s’inscrit dans un contexte particulier, note Libération. « Le chiffrement a connu un regain de popularité depuis les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance massive opérée par la NSA ». Les géants de la Silicon Valley ont promis une plus grande protection pour les données de leurs utilisateurs.

Le débat n’est pas nouveau aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, mais c’est la première fois qu’un responsable français prend la parole sur le sujet.

Source : 20minutes

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