Composante omniprésente des stratégies digitales des marques, les médias sociaux sont de plus en plus intégrés dans l’expérience muséale avec une logique de marketing. De nouveaux comportements en découlent et tendent à changer les rapports du visiteur au musée.

Léo Caillard, 2015, série ''virtual Louvre'' © Léo Caillard

Léo Caillard © 2015 – Série ”virtual Louvre”

Le développement de l’écosystème ‘réseau social’ intégré au musée devient une variable incontournable qui s’applique autant aux institutions de renommée internationale (le Louvre, le MoMa…) qu’aux institutions de taille plus modeste. Parmi elles émerge une catégorie dont la stratégie digitale consiste non seulement en une vitrine virtuelle de leur activité, mais en un vecteur d’une communication 2.0. Ainsi, l’utilisation de l’application Snapchat par le LACMA qui associe des références pop-culture à des photographies d’oeuvres de sa collection. Un décalage temporel au coeur d’une action réfléchie, l’application étant utilisée à 71% par des individus de moins de 25 ans selon une étude Bi Intelligence. Une voie suivie depuis par d’autres musées comme MCA ChicagoGeorgia Museum of Art et le Blanton Museum.

Le Palazzo Grassi superpose une dimension ludique à ses événements par le biais du projet Palazzo Grassi Teens. Adoptant une dynamique proche du Peer 2 Peer (Pair à Pair), les spectateurs sont invités, lors de la visite de l’exposition, à photographier et partager leur expérience sur les réseaux sociaux. Pour se faire, le ton décalé comme consigne, un hashtag – #BeRaysse par exemple pour l’exposition Martial Raysse – et une récompense la pour la publication la plus populaire.

Ce détournement de l’art fait suite à une vague de désacralisation de l’espace muséal pour attirer un public élargi et jeune en exploitant sa facilité d’utilisation des NTIC. Cette démarche présente toutefois le risque d’approcher une oeuvre d’art par le biais de son avatar sur les réseaux sociaux. Le musée, l’exposition muséale, n’est plus un lieu de réflexion ni de construction, il devient un espace actif de partage, de vulgarisation, de distraction grand public.

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