La stratégie d’Amazon de rendre Alexa disponible sur toutes les plateformes lui donnera un net avantage dans la guerre à venir de l’intelligence artificielle (IA).

Il a été récemment confirmé qu’Amazon va rendre sa plateforme d’IA disponible à des développeurs tiers au Royaume-Uni (elle est disponible pour les développeurs américains depuis 2015) : un sacré coup dur pour ses rivaux.

Amazon a déjà profondément ancré son influence IA dans l’inconscient national britannique, avec notamment des publicités qui tournent 24 heures sur 24 lors des périodes de Noël. Une stratégie payante, car les ventes semblent plutôt bonnes, séduisant même les plus âgés, généralement pas trop portés sur la tech. L’IA s’intègre désormais davantage dans nos vies en se couplant à d’autres technologies que nous utilisons, comme des lunettes connectées par exemple.

Et il s’agit là d’une stratégie efficace. Le lancement d’Alexa au Royaume-Uni offre de nouvelles possibilités et permet de bénéficier d’un assistant personnel, à partir de n’importe quel appareil doté d’un haut-parleur, d’un microphone et d’une connexion Internet.

Cela ouvre un nouveau champ d’appareils intelligents. Votre voiture, par exemple, pourrait voir de nouvelles commandes vocales apparaître, pour écouter de la musique, prendre des notes ou contrôler vos appareils domestiques. Ajoutez à cela votre réfrigérateur, vos éclairages, votre cuisinière, votre bouilloire, votre télévision, et tout ce qui pourrait être « Alexa-isé ».

C’est une première étape vers une maison entièrement contrôlée par l’IA. Futuristes – et geeks – ont longtemps rêvé d’un assistant « à la Jarvis » qui contrôle tous les aspects de votre domicile, et par extension, votre vie.

Mais en réalité, lorsque vous investissez dans des produits vendus par des sociétés différentes, posséder un « contrôleur multi-device » n’est pas si aisé. Amazon cherche clairement à contourner ce problème en distribuant sa technologie (ce que d’autres sociétés n’ont pas les moyens de faire) à d’autres appareils qu’il ne fabrique pas. Pour les sociétés tierces qui incorporent Alexa dans leurs appareils, leurs produits sont plus “compatibles”, et les rendent d’autant plus désirables. Une stratégie gagnante.

Problèmes de confidentialité

Après le désastre de Vizio, les avis restent quelques peu mitigés et sceptiques quant à la réalité d’un appareil toujours à l’écoute dans une maison. Amazon, ou Google, n’ont pas encore réussi à enrayer cette peur du respect de la vie privée, en ajoutant par exemple un paramètre de blocage du micro à Alexa. Un mot « d’éveil » est toutefois nécessaire afin de l’activer, ceci étant la caractéristique principale de confidentialité de l’appareil (Amazon précise qu’aucune donnée n’est diffusée sur le cloud tant que le mot d’activation n’a pas été prononcé). Mais le dispositif reste néanmoins toujours à l’écoute de ce mot. Amazon pourrait changer la configuration actuelle et commencer à recueillir des données avant l’activation d’Alexa, s’il le désirait. Ce qui s’est passé avec Vizio pourrait se reproduire chez d’autres grandes sociétés, s’immisçant à votre insu dans votre intimité.

Ces craintes se multiplient, à mesure que de nouveaux appareils « intelligents » inondent le marché. L’augmentation significative d’appareils intelligents dans une maison, avec des capacités d’enregistrement de données, rime avec une augmentation des risques d’être espionné par une société sans scrupule, comme Vizio. Cela ne donne pas envie !

Une manière pour les concurrents d’Amazon de reprendre du terrain serait de répondre à ces préoccupations du respect de la vie privée. Apple est déjà assez en avance dans ce domaine : les données de son IA Siri restent stockées sur l’appareil. Alors que la confidentialité devient l’une des préoccupations majeure du grand public (bien que le débat vie privée / libertés civiles soit un peu mis à mal ces dernières années). 

Un service intelligent avec un respect important de la confidentialité sera accueilli à bras ouverts par des utilisateurs très impatients de découvrir le futur !

Source : forbes.fr

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