Les extensions dites géographiques (.fr, .de…), continuent de séduire malgré des disparités entre les régions. À elle seule, l’Europe représente 54 % des parts de marché.

S’il parait hégémonique, le .com est en réalité minoritaire dans toutes les régions du monde, hormis en Amérique du Nord.

Le marché mondial des noms de domaine représentait à fin décembre 2018 environ 330 millions de noms de domaine, en progression de 4,0 % vs 1,2 % en 2017.

La répartition entre les principales extensions s’établit comme suit :

  • 176 millions de « Legacy TLD », les domaines « historiques » (com, net, org etc.) ;
  • 126 millions de ccTLD (extensions dites « géographiques », correspondant à un territoire ou un pays) ;
  • 7 millions de « nouveaux TLD » créés à partir de 2014 (les nTLD regroupent différents segments dont les geoTLD – .bzh, .paris, …- les extensions correspondant à des marques -.sncf – les extensions à caractère communautaire et les extensions génériques).

Les grandes tendances du marché 2018

  • Avec 142 millions de noms, le .com reste le poids lourd. Sa part de marché augmente de 0,5 point en 2018, passant de 42,6 % à 43,1 %, conséquence d’un taux de croissance en nette progression en 2018 (5,2 % contre 2,8 % en 2017).
  • Les « Autres Legacy » ont particulièrement souffert en 2018, perdant 6 % en stock après les 2 % de 2017.
  • Les nTLD renouent avec la croissance en 2018, avec une augmentation de 15 % en stock, même si leur part de marché reste encore faible (8 %), comparée à celles des .com (43 %) et ccTLD (38 %).
  • Les extensions pays (ccTLD), qui avaient connu un ralentissement significatif en 2017, affichent à nouveau une croissance en 2018, même si elle reste modérée : +3,4 % en stock vs +2,9 % en 2017. Elles représentent 38 % de part de marché mondial.

L’étude révèle toutefois des dynamiques contrastées entre les différentes régions du globe : les plus fortes croissances sont observées en Afrique (+9 %), en Amérique latine (+6 %), et en Asie-pacifique qui affiche la plus forte hausse (+12 % vs 2 % en 2017), ce qui témoigne d’une dynamique de développement rapide de l’internet dans ces 3 zones.

L’Europe, quant à elle, est la seule région à perdre du stock, même si cette baisse reste limitée (-1 %). À noter la belle performance du .fr qui a gagné 139 000 noms en 2018, et celle du .pt (Portugal) +111 000 noms, tandis que le .de (Allemagne) a perdu 110 000 noms, et le .ru (Russie) 350 000.

Malgré une baisse de 2,4 points de parts de marché, le marché européen reste encore dominant avec 57 % des noms de domaine déposés dans des ccTLD, suivi par la région Asie-Pacifique (31 %).

Les trois autres régions ne représentent pas plus de 12 % à elles trois, ce qui montre leur faible équipement en ccTLD et leur fort potentiel de croissance dans les prochaines années.

Cette nouvelle analyse de l’Afnic met surtout en lumière des disparités flagrantes dans l’utilisation du .com. En effet, s’il est leader mondial, avec 43 % de parts de marché, il apparaît exclusivement majoritaire en Amérique du Nord où il représente 76 % des noms de domaine, région qui pèse 33 % du marché mondial (contre 36 % pour l’Europe).

Le .com : un leader contesté

L’avenir appartient-il aux ccTLD ?

Au-delà de l’évolution des grands segments du marché des noms de domaine (Legacy, ccTLD, nTLD), l’intérêt de cette nouvelle édition publiée par l’Afnic réside dans l’analyse de la répartition des noms de domaine dans le monde. Né en Amérique du Nord, le .com s’est développé avec internet, jusqu’à en être l’incarnation pour les utilisateurs notamment états-uniens. Mais dans les autres régions, ce sont bien les extensions dites géographiques, les ccTLD, qui sont plébiscitées.

« Ces extensions dites géographiques font sens pour les régions dont les populations sont attachées aux notions d’origine et de traçabilité. », explique Pierre Bonis, Directeur Général de l’Afnic.

En 2018, le .com était le leader du marché avec 43 % de parts de marché, suivi par les ccTLD (hors pennies*) avec 42 %. Les deux autres segments, les « Autres Legacy » et les nTLD, représentaient respectivement 10 % et 5 % des noms déposés dans le monde.

Plus que jamais, les noms de domaine se situent au cœur des problématiques d’identité sur internet. Ils ne sont manifestement pas choisis au hasard. L’un des principaux enseignements des nouvelles extensions créées à partir de 2014 est que le marché met du temps à les adopter, car on touche à des notions complexes de reconnaissance et de confiance qui se construisent dans le temps.

« Si l’évolution du taux d’utilisation des nTLD pris dans leur ensemble continue d’être encourageante, étant en amélioration continue depuis 2015, la part de noms inutilisés et renouvelés tend à se réduire. Cette analyse souligne la difficulté pour les nouveaux entrants de s’imposer face à des « prismes culturels » privilégiant dans un cas les notions de territoire et de proximité, et dans l’autre cas une approche globale se défiant de toute spécificité « réductrice » induite par l’extension choisie. » conclut Pierre Bonis.

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