Grâce à l’explosion des revenus de sa branche cloud et de la publicité, Amazon affiche la meilleure rentabilité de son histoire, avec 3,6 milliards de dollars de bénéfices entre janvier et mars. Le cloud pèse 12% à peine de son chiffre d’affaires global, mais réalise à lui seul la moitié des bénéfices.

Amazon est le numéro un mondial incontestable du e-commerce et cannibalise les parts de marché de la vente en ligne dans de nombreux pays, dont la France (20% à lui seul).

Mais ce n’est pas cette activité à faible marge qui lui garantit sa richesse. Depuis quelques années, Amazon a développé une offre de services dans le cloud pour les entreprises, baptisée Amazon Web Services (AWS).

La firme de Jeff Bezos a aussi développé la publicité sur sa plateforme, permettant aux marques de mieux positionner leurs produits et de recueillir des data précieuses sur ce que les consommateurs achètent.

Aujourd’hui, ce sont ces deux activités, en marge de son cœur de métier, qui font exploser ses bénéfices et permettent à sa plateforme de e-commerce de rester toujours plus attractive pour le consommateur en cassant les prix et en proposant des conditions de vente en ligne imbattables.

La croissance marque le pas, mais la Bourse se satisfait des bénéfices record

Le visionnaire Jeff Bezos avait donc de quoi être satisfait de la publication des résultats trimestriels de sa firme. Entre janvier et mars, Amazon a dégagé 3,6 milliards de dollars de bénéfices (un peu plus de 3,2 milliards d’euros), soit plus de 1 milliard par mois, pulvérisant les attentes des analystes. C’est aussi plus de 2 milliards de dollars de plus que l’an dernier à la même époque.

Certes, la croissance marque un peu le pas : le chiffre d’affaires trimestriel n’a augmenté “que” de 16,9 % sur un an, à 59,7 milliards de dollars (53,6 milliards d’euros), en-deçà des standards habituels de l’entreprise (l’an dernier au premier trimestre, Amazon affichait une croissance de 43 %). C’est même son plus petit taux de croissance depuis le premier trimestre 2015. Mais cette contre-performance était conforme aux prévisions des analystes, donc le cours de Bourse n’a pas été impacté : il a peu tangué dans les échanges post-clôture pour finalement se reprendre et terminer en hausse (+0.51 %). Globalement, sa valeur boursière a progressé de 27 % sur un an et Amazon fait partie du trio de tête des entreprises les mieux valorisées au monde, avec Microsoft et Apple, près de la barre symbolique du trilliard de dollars (1.000 milliards de dollars).

Le cloud représente 12 % du chiffre d’affaires mais la moitié des bénéfices

Dans le détail, la branche cloud, Amazon Web Services, dégage le plus de bénéfices. Au premier trimestre, elle a généré 7,69 milliards de dollars de chiffre d’affaires (+42 % sur un an), pour un bénéfice net de 2,22 milliards de dollars, soit un peu plus que le bénéfice net réalisé par l’activité de e-commerce aux États-Unis et à l’international (2,19 milliards), qui génère pourtant un chiffre d’affaires largement supérieur (52 milliards de dollars).

La seule petite ombre au tableau est l’international : si la plateforme de e-commerce est rentable sur son marché domestique, les Etats-Unis, Amazon continue à perdre de l’argent dans le reste du monde (90 millions de dollars, contre 622 millions il y a un an) car il n’a pas encore atteint un pallier d’utilisateurs suffisant pour compenser ses énormes coûts de distribution.

Les revenus issus de la publicité et de l’abonnement Prime explosent

Amazon ne détaille pas ses revenus publicitaires (qui sont compris dans les chiffres du e-commerce), mais la firme indique que chiffre d’affaires de cette activité a augmenté de 34 % sur un an, à 2,7 milliards de dollars.

Autrement dit, cette activité à marge élevée -les coûts étant très faibles dans la publicité en ligne- gonfle les performances d’Amazon dans le e-commerce et réalise certainement une grande partie de ses bénéfices.

Il serait à ce titre intéressant qu’Amazon détaille clairement le poids de la publicité dans ses bénéfices du e-commerce, mais il risquerait en ce faisant d’attirer l’attention sur ses coûts exorbitants de distribution.

Les revenus provenant des abonnements, c’est-à-dire essentiellement son service Amazon Prime qui permet livraisons gratuites ou encore accès à son service de vidéo en streaming concurrent de Netflix, a également bondi de 40 % sur un an, pour atteindre 4,34 milliards de dollars.

“Tandis que la progression d’AWS se poursuit avec la même vigueur et se place clairement comme le plus gros pourvoyeur de bénéfices à l’heure actuelle, la publicité semble montrer désormais toute son importance et va devenir à court terme de plus en plus importante pour la croissance d’Amazon”, a résumé l’analyste Monica Peart (eMarketer), citée par l’AFP.

Cette situation très favorable compense les performances plus mitigées de ses magasins en dur, comme les supermarchés bio Whole Foods ou ses librairies par exemple, qui ont vu leurs revenus stagner d’une année sur l’autre, à 4,3 milliards de dollars (+1 %).

Pour le deuxième trimestre, le groupe a livré des prévisions solides. Il anticipe un chiffre d’affaires situé entre 59,5 et 63,5 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel situé entre 2,6 milliards et 3,6 milliards de dollars.

Source : La Tribune

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire...
Saisissez votre nom