D’après les résultats d’une étude menée par Harris Interactive et Quantmetry, près des deux-tiers des Français refusent fermemen l’usage de leurs données personnelles pour améliorer l’expérience client. Ils sont également une grande majorité à ne tout simplement pas connaître ce terme.

Si l’expression Big Data se répand et correspond à une réalité quotidienne pour toute la population, 59% des Français ignorent la signification de ce mot. Ils ont été interrogés par Harris Interactive pour le cabinet Quantmetry fin février et début mars 2016. Par contre, 36% en ont effectivement entendu parler au cours des six derniers mois, le taux montant jusqu’à 52% chez les diplômés d’au moins un Bac+2 et 54% au sein des catégories socio-professionnelles supérieures. Logiquement, 10% des Français se trouvent correctement informés sur le Big Data contre 87% d’une opinion inverse.

Au delà du seul terme Big Data, les usages des données personnelles par les entreprises sont assez bien identifiés par la population. 78% des répondants jugent que cet usage va s’accroître. 62% estiment que la personnalisation des produits et services en sera facilitée. 54% jugent que la performance des entreprises en sera améliorée, 28% que c’est un sujet prioritaire pour ces entreprises. Mais 58% jugent que les usages ne sont pas responsables et 75% que cela n’aura pas d’impact significatif sur la crise économique ou le chômage. Ceux qui se jugent bien informés sont plutôt plus optimistes que ceux qui se jugent mal informés. Si on excepte les professionnels de santé, la CNIL et la sécurité sociale, la majorité des Français sont hostiles à une plus grande utilisation des données personnelles, seuls les services publics rendus aux citoyens étant significativement susceptibles d’être améliorés par le recours à un plus grand usage des données (courte majorité de 52% des répondants).

Big Défiance

Malgré tout, beaucoup de répondants n’ont pas vraiment conscience des usages réels des Big Data. Une liste d’une dizaine d’entreprises (Netflix, EDF, Axa, SNCF…) et organismes (Assurance maladie, Pôle Emploi…) a été soumise aux personnes interrogées. Un tiers a jugé qu’aucune n’utilisait de Big data, chiffre montant à 47% chez les « très mal informés ». A l’inverse, 31% ont répondu que toutes utilisaient du Big Data, avec deux pointes symétriques : 36% chez les « plutôt mal informés » et 39% chez les « bien informés ».

Les répondants ont surtout montré ensuite leur défiance vis-à-vis des acteurs privés quant à l’utilisation des Big Datas personnelles. Les réseaux sociaux sont en bas du classement de confiance avec 18% de confiance contre 78% de défiance. Tout en haut, on trouve les professionnels de santé (67%/29%) et la CNIL (65%/31%). « Les pouvoirs publics » en général sont à 49% de confiance et 47% de défiance, chiffres inversés pour les banques et assurances, tous les autres acteurs privés subissant une défiance supérieure. Les scores de 36% de confiance / 60% de défiance rassemblent des acteurs aussi divers que les spécialistes des loisirs, les commerçants en ligne ou les opérateurs télécoms. La grande distribution est le dernier secteur hors réseaux sociaux avec 26% de confiance contre 70% de défiance.

Près des deux tiers des Français refusent même fermement l’usage de leurs données personnelles pour améliorer leur expérience utilisateur/citoyen sous diverses formes. 91% se déclarent même hostiles par principe à toute commercialisation de leurs données. Même un meilleur ciblage publicitaire est rejeté par 74% des répondants. D’une manière générale, Big Data évoque donc davantage Big Brother que Big Opportunity.

A propos de l’étude

Réalisée par Harris Interactive sur la commande du cabinet de conseil Quantmetry, l’étude Big Data, qu’en pensent les Français ? est basée sur une étude réalisée en ligne du 29 février au 2 mars 2016. L’échantillon de 1487 répondants est représentatif des Français de plus de 18 ans. La représentativité de l’échantillon a été réalisé par la méthode des quotas avec redressement appliqués aux variables de sexe, âge, catégorie socio-professionnelle et région.

Source : LMI 

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